Elle a 81 ans, est bavarde comme une pie. Soeur
Marguerite est dans la lignée de soeur Emmanuelle, cette religieuse très
médiatique, elle n'a pas sa langue dans sa poche. Voilà soixante ans
qu'elle est entrée dans les ordres de charité, à Saint Vincent-de-Paul.
Après trente ans passés à Brazzaville, elle a créé des écoles.
Soeur Courage, ainsi baptisée par Jacques Séguéla, installée à la Médaille miraculeuse, rue du Bac, continue son combat: le droit à l'instruction. Comment va la santé ?
A mon âge on se répare, je remercie le Seigneur, je n'ai pas à me plaindre, mon corps est un bon serviteur.Soeur Courage, ainsi baptisée par Jacques Séguéla, installée à la Médaille miraculeuse, rue du Bac, continue son combat: le droit à l'instruction. Comment va la santé ?
Vous menez éternellement croisade?
Le droit à l'instruction est inscrit dans les droits de l'homme (article 26) et il n'est toujours pas respecté dans nombre de pays, ce qui m'offusque.
Les mal-logés ne vous empêchent pas de dormir?
Christine Boutin fait son travail et se donne du mal, mais ça n'est pas parce qu'elle est ministre qu'elle peut faire tout ce qu'elle veut. Il n'y a pas de miracle, il faut construire.
Vous arrive-t-il de douter?
De Dieu et de ma vocation, jamais, des hommes parfois. Saint Vincent de Paul comme Mère Teresa ont traversé des périodes de doute. Jusqu'à
présent j'ai été épargnée.
Vous succédez en quelque sorte à s?ur Emmanuelle? En toute modestie elle a fait plus que moi, elle pourrait être ma mère, elle va sur ses 100 ans.
Que pensez-vous du président Sarkozy?
Il en fait trop, il devrait déléguer d'avantage. Quand on s'occupe des détails on passe à côté de l'essentiel.
Faites-vous partie des gens qui grognent?

Je voudrais que la société civile boude tous les transports pendantvingt-quatre heures. Le personnel de la SNCF ou d'Air France exagère.Quant à l'éducation nationale, elle ne donne pas le bon exemple à nos enfants, les profs sont trop souvent en grève.Quelle est votre préoccupation la plus urgente?
L'école spéciale de Brazzaville, qui accueille 3000 élèves et où j'ai passé une partie de ma vie, a besoin d'argent. Une classe de cinquante élèves nous revient à 150 euros par mois, nous avons soixante classes, on y arrive tout juste. C'est le miracle permanent, ma mission est de collecter des fonds que j'envoie à la Banque de Brazzaville. De quoi vivez-vous?
J'ai fait voeu de pauvreté, j'ai une petite retraite que je reverse à la soeur trésorière, mais j'ai droit à de l'argent de poche.
Qu'est-ce qui vous choque dans notre pays?
Rien ne réussira tant que l'on ne s'occupera pas sérieusement de la misère des petites gens et tant que les pays d'Afrique ne seront pas capables de gérer eux-mêmes la transformation de la matière première. Malgré leur drapeau, ces nations ne sont pas indépendantes.
Quels sont vos péchés mignons?
Je suis gourmande, curieuse, bavarde et j'aime qu'on m'aime.
Vous avez encore de la famille?
On se réunit chaque année, on est plus d'une centaine, j'ai même soixante petits-neveux.
Benoît XVI vous bluffe-t-il ?
Ce n'est évidemment pas le même genre que Jean-Paul II, chacun a sa personnalité. Je ne fréquente guère les autorités religieuses, je n'aime pas la hiérarchie, la nature est notre meilleur professeur: le
fruit est rattaché au tronc mais le plus loin possible.
Vous avez une devise ?
Paul Claudel a dit:« il ne faut pas refuser secours à la ronce qui veut devenir rose.» .
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